Délégationde la Corse

« L’homme est migrant depuis la nuit des temps »

Témoignage de Viridiana, qui a participé à l’université d’été à Besançon, en juillet 2016. « Le thème proposé par l’université d’été de Besançon était : “Des utopies aux alternatives, agissons ensemble”. Cela me questionne. » Viridiana

« L'homme est migrant depuis la nuit des temps »

Sommes-nous capables d’apporter des propositions de solution aux problèmes majeurs du monde dans lequel nous vivons ? Personnellement, je ne me sens pas d’avoir les connaissances suffisantes pour, ne serait-ce que débattre de ces questions… J’ai donc recherché des informations et des pistes de réflexion pour certains des sujets qui m’intéressent parmi ceux proposés dans le programme de Besançon : les migrants et la Palestine.

En outre, la rencontre avec d’autres bénévoles et animateurs du Secours Catholique « Paris, Nantes, Grenoble, Rodez, Angers, Lyon » m’a permis de partager des expériences, de connaître ce que chacun met en place dans sa délégation et de me rendre compte que les délégations travaillent indépendamment les unes des autres, ce qui n’empêche pas les mêmes idées d’émerger. Par exemple, la délégation de Loire-Atlantique, basée à Nantes, a mis en place un système de bénévoles référents, ce que nous allons faire à la rentrée à Ajaccio.

Le partage et la réflexion ont donc été les deux mots d’ordre des échanges tout le long de ce séjour. Les modules et les ateliers étaient très interactifs et nous étions le plus souvent en petits groupes, à débattre sur des sujets donnés.

Sur le thème de l’immigration, notre travail était très intéressant. Nous avons notamment débattu du mot « migrant », des façons dont il est employé, de nos jours notamment. Plusieurs réflexions émergent : « l’homme est migrant depuis la nuit des temps, il a d’abord été nomade, pourquoi est-ce un problème de nos jours ? », « y-a-t-il un bon et un mauvais migrant ? », « sur quoi se base-t-on pour pouvoir juger de cela ? », « un étudiant étranger est-il un bon ou mauvais migrant, sachant qu’il coûte de l’argent à l’État ? »

Pour ma part, ce mot migrant me dérange beaucoup parce qu’il est à connotation négative de nos jours, alors que ce n’est pas celle que je lui donne. J’ai moi-même été migrante lorsque j’habitais à l’étranger !

Le deuxième jour a été encore plus interactif. Il s’agissait de mises en scène autour des questionnements rencontrés dans les ONG : accepte-t-on les subventions de l’ONU pour nos missions et faire le « comptage » des migrants pour l’ONU ? Quelles sont les causes profondes de cette migration ? Comment faire pour que les migrants restent chez eux ? J’ai trouvé cette animation intéressante parce que les membres de l’amphithéâtre pouvaient tour à tour prendre la place d’un acteur et apporter leurs arguments. On s’implique plus lorsqu’on est exposé et mis en scène, et le débat ne s’éternise pas car chacun se succède, ce qui oblige à bien synthétiser ses arguments.

Les modules vont crescendo. Pour le troisième et dernier jour sur ce thème, nous sommes amenés à répondre aux arguments souvent développés contre les migrants : « nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde », « ils vont prendre notre travail », « il y a des terroristes parmi eux »… Nous nous sommes retrouvés tous confrontés au même problème : nous sommes démunis face à ces arguments. Ce n’est pas faute de les avoir déjà entendus ! Mais nous avons finalement peu de connaissances solides à apporter.

Autant dire que l’intervention du spécialiste des flux migratoires, François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège, à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ainsi qu’au Centre de recherches internationales (CERI-Sciences Po), fut la bienvenue.

Son intervention m’a tenue en haleine. Il a apporté une vision claire et synthétique de l’histoire des migrations, des enjeux d’aujourd’hui, de la façon dont la migration est gérée par nos dirigeants et des possibles solutions à apporter. Le tout appuyé par des chiffres et des anecdotes. Personnellement, j’ai beaucoup appris. Je l’ai remercié d’avoir mis des mots sur mes pensées et d’avoir enrichi mon savoir.

Un regret : ce module est resté cantonné à la situation en Europe, alors que l’Afrique est l’un des continents les plus touchés par le problème des déplacés. Cependant, son mode d’animation est à retenir pour animer des réunions ou des ateliers sur d’autres sujets.

J’ai aussi participé à deux ateliers sur la situation en Palestine, l’un sous forme de jeu, l’autre sous forme de présentation d’un camp de réfugiés palestiniens. Le premier fut intéressant car très interactif, le second fut un peu moins ludique mais riche en informations, livrées par des spécialistes de la question palestinienne : le responsable de l’association France Palestine, le responsable d’un camp et un sociologue palestinien.

Cette université a été riche en rencontres ainsi qu’en questionnements sur les migrants et la Palestine, mais aussi en questionnements plus personnels.

J’ai vraiment l’impression d’avoir fait un grand pas en seulement trois jours. Je repars, riche de certaines bases de connaissances et surtout avide de faire des recherches plus poussées sur ces thèmes, pour avoir un positionnement plus assuré sur ces questions.

Viridiana

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