Délégationde la Corse

Journée nationale en Corse

L’isolement, ferment de la précarité

Toutes les équipes de Corse se sont mobilisées, le 20 novembre 2016, pour la grande collecte nationale du Secours Catholique-Caritas France.

Collecte église Saint-Roch, Ajaccio.

publié en décembre 2016

Comme chaque année, à l’occasion de la collecte nationale, le Secours Catholique publie un état de la pauvreté en France. Voici quelques points évoqués.

En 2015, les 67 500 bénévoles du Secours Catholique ont rencontré 608 500 ménages pauvres sur l’ensemble du territoire national, soit une augmentation de 2,4 % par rapport à 2014. Ces 608 500 ménages en situation de pauvreté représentent un total de 1 463 000 personnes, dont 688 000 enfants.

En Corse, où les pauvres sont plus pauvres que dans le reste de la France (la moitié d’entre eux vit avec seulement 764 €/mois, un niveau très inférieur, de 244 €, à ce qui est considéré comme le seuil de pauvreté [1], 165 bénévoles ont rencontré 1 486 personnes.

Globalement, la part des familles avec enfants continue de progresser pour atteindre 51,8 % des accueillis, sachant que les familles monoparentales (principalement des mères isolées) représentent à elles seules 28,8 % des accueillis. Première particularité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et Corse : la part des familles monoparentales est un peu plus faible qu’ailleurs en France : 24,5 %. Celle des hommes seuls, le plus souvent jeunes, représente au contraire 27,2 % des accueillis (contre 23,1 % au niveau national des accueils du Secours Catholique). Parallèlement la part des étrangers, dont les origines se diversifient (hausse de la part des personnes originaires d’Afrique subsaharienne et surtout d’Europe de l’Est), augmente pour atteindre 41,3 %, un taux plus élevé qu’au niveau national des accueils (36,4 %).

Toujours en région PACA-Corse, près d’un quart des ménages accueillis pour la première fois par le Secours Catholique sont sans aucunes ressources (chiffre en augmentation de 5,5 points en cinq ans). Une part particulièrement élevée par rapport à la moyenne nationale (19,5 %), qui peut s’expliquer par la forte proportion des étrangers sans statut et donc sans droits à faire prévaloir, mais aussi par des erreurs administratives, des retards de versement, voire une méconnaissance des droits, notamment pour le RSA.

Autre particularité des accueillis de la région PACA-Corse : la part des chômeurs (reconnus ou non) se tasse à 35 % (contre 37 % en 2014) alors qu’elle s’élève à 38,6 % au plan national. Celle des personnes en activité stagne à 13,5 % contre 16,6 % au plan national.

En fait, la majorité des accueillis (51,6 % contre 44,8 % au plan national) sont des inactifs, et la part de ceux qui sont en inactivité pour raison de santé (16,2 %) est beaucoup plus importante qu’au plan national (9,8 %). Enfin, la région PACA-Corse se distingue par une part du logement précaire et de l’hébergement nettement plus élevée (33,4 %) qu’au niveau de l’ensemble des accueils (25,9 %).

Au plan national, on observe un basculement dans la précarité de ménages qui étaient à la limite du seuil de pauvreté, ainsi qu’une augmentation nette de la proportion des diplômés du second degré voire du supérieur.

De fait, la pauvreté et la précarité touchent une population de plus en plus diversifiée, tant dans la structure et le montant des revenus, que dans ses caractéristiques socioprofessionnelles, ce qui rend plus complexe l’intervention des associations caritatives et humanitaires.

Il existe, cependant, une caractéristique commune à l’ensemble des accueillis : l’isolement. Plus de 60 % d’entre eux n’ont aucun proche sur lequel compter et près de 80 % n’ont aucune activité sociale ou collective. Les accidents de la vie (séparations, maladies, handicaps), en forte hausse depuis 2010, contribuent à cet isolement, constituent le cortège indissociable du chômage et précipitent vers la précarité.

Aussi, n’est-il pas étonnant que les accueillis expriment un besoin d’écoute au moins aussi, voire plus important, que le besoin alimentaire : respectivement 57 % et 55 % des accueillis au plan national ; 58 % et 60 % dans la région PACA-Corse.

Le besoin d’écoute et de conseils, notamment dans les démarches administratives, est plus souvent exprimé par de jeunes hommes, étrangers ou vivant seuls, sans aucunes ressources, tandis que les femmes, les familles et les personnes aux ressources relativement plus élevées sont proportionnellement plus nombreuses à solliciter une aide alimentaire ou liée aux dépenses de logement.

« Pour aider les plus pauvres, je choisis d’agir avec eux. »

Françoise

[1] Seuil de pauvreté 2014 (à 60 % du revenu médian), France métropolitaine : 1 008 € par mois (Insee).

Imprimer cette page

Consulter le site national